Témoignage à la suite d’une supervision

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En formation de professeur à Montpellier, cela fait quelques années que j’ai commencé à enseigner mais en 2011 j’ai le sentiment de « ronronner » dans mon enseignement et j’invite Cathy à superviser 4 cours : dans ma salle, avec mes élèves, cela colle beaucoup plus à la réalité que ce que nous pouvons faire « entre nous » en formation. Le stress est là bien sûr, d’être ainsi observée, mais vite oublié car je suis dans mes repères habituels et Cathy reste très discrète au fond de la salle.
Pour un cours d’1h30, nous mettrons autant de temps ensuite à faire le point : d’abord sur les défauts généraux des élèves (qui doivent donc m’interroger sur mon enseignement bien sûr, sur mes propres défauts aussi) puis sur des points plus personnels, Cathy ayant repéré durant le cours quelques gros « défauts » pour chacun. Sur les aspects pédagogiques, nous avons dégagé ensemble des pistes pour améliorer les cours : comme de montrer plus quand je veux faire passer une nouvelle information, d’adapter le vocabulaire au niveau des élèves, d’accélérer le rythme du cours, de développer aussi leur rapidité d’action, de mieux vérifier que les corrections sont faites, de rassembler plus les personnes dans une salle très grande où l’énergie se disperse et où j’ai du mal à « voir » tout le monde…
Avec le groupe le plus « avancé » d’élèves pratiquant déjà tous (au moins occasionnellement) chez eux, nous avons pu prendre le temps en fin de cours d’un échange « questions-réponses » avec Cathy, ce qui a ensuite permis à chacun d’avoir des pistes pour sa pratique personnelle et a été fort apprécié.

Mais il s’est aussi passé quelque chose de très particulier lors du debriefing de ce cours : il est devenu rapidement évident de mettre en relation, pour chaque élève que je connais bien par ailleurs,  un défaut global observé par Cathy dans la pratique avec une facette de la personnalité, comme si corps, mental et… être intérieur étaient reliés… Yoga…!
Par exemple, Cathy observe que L. a peu d’ouverture de la poitrine, paraît très dynamique mentalement mais manque de tonicité dans le corps, avec un certain flottement dans les équilibres. Je sais qu’elle arrive au cours après une journée où la charge mentale est importante avec une dispersion dans de multiples activités. Cathy suggère qu’elle prévoit d’abord un temps d’échauffement personnel « tête en bas » (uttanasana avec la tête posée, adho mukha svanasana dans les cordes par ex.). Et pour développer la saisie de son corps, elle me suggère de l’inviter à rester plus dans les postures, en installant une progression de durée de mois en mois, mais aussi de travailler les navasana et les salutations au soleil rapides. Toutes les postures inversées l’aideront, en particulier setu bandha sarvangasana qui complètera les postures vers l’arrière pour lui apporter l’ouverture de poitrine dont elle me dit d’ailleurs elle-même sentir le besoin.

Une réflexion d’élève une semaine plus tard : « c’était puissant aujourd’hui… mais quelle belle détente ! »
Un an après, pas de doute, cela a transformé mon enseignement… et même si je le sens, ce sont surtout les élèves qui continuent de le dire !

Et je suis prête à renouveler l’expérience dès que possible…

Claire

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